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Promotion de l’agriculture et lutte contre l’exode rural : la ferme de lokouzoun et de willy

last modified Sep 14, 2011 12:24 PM

Au Bénin, comme dans la plupart des pays africains, le secteur agricole occupe plus de 80% de la population active, majoritairement jeune. Malgré les progrès économiques réalisés, les conditions de vie des populations rurales béninoises restent encore difficiles. Les jeunes ruraux, dont beaucoup ont quitté l’école faute de moyens financiers ou de motivation, sont les plus vulnérables et les plus durement touchés par une grande pauvreté. Le chômage y est élevé du fait de la faiblesse des dynamiques de développement local et l’initiative économique est freinée par le manque de formation et le coût de l’investissement initial. Ainsi, de nombreux jeunes désoeuvrés, partent pour Cotonou, Porto Novo et dans les autres grandes villes à la recherche d’un avenir moins incertain. Cet exode vient réduire le potentiel de croissance des zones rurales en les privant de ressources humaines accentuant encore plus le phénomène de pauvreté et mettant en cause l’avenir du monde rural et de l’agriculture.

Panneau de signalisation de la Ferme Ecole de Willy. Photo: Lovesse
Panneau de signalisation de la Ferme Ecole de Willy. Photo: Lovesse
La communauté de Lokozoun-Willy est située dans la ville de Bohicon. à 120 km de Cotonou la capitale économique dans le chef lieu du Département du Zou et capitale historique du Bénin. Bohicon quatrième ville du Bénin est bien représentative du défi de l’intégration des jeunes dans le monde agricole et rurale. Les jeunes souffrent, en effet, des mêmes difficultés de formation, d’accès à une activité génératrice de revenus. Pourtant, les conditions sont favorables pour le développement d’une formation solide en agriculture dans cette zone rurale. En effet, avec une pluviométrie moyenne annuelle de 1200mm, une terre argilosablonneuse fertile et une végétation arbustive favorable à la production végétale, l’environnement est propice pour dispenser une formation de qualité.

C’est ainsi que dès 1993, le Centre Béninois pour le Développement des Initiatives à la Base (CBDIBA), avec l’appui d’un de ses partenaires notamment Evangelischer Entwicklungsdienst Deutch (EED), s’est doté d’un domaine de 40 ha à Willy. L’aménagement de la ferme notamment la construction des équipements (salles de classes, dortoirs, etc.) a duré plusieurs années compte tenu des moyens limités du CBDIBA.

Avec cette longue expérience d’accompagnement des producteurs, le CBDIBA a bien perçu la nécessité de former les jeunes agriculteurs et les jeunes sans emploi de la localité pour les aider à s’installer. L’idée est de renforcer les capacités des jeunes ruraux afin de les outiller pour transformer leurs moyens de subsistance. L’objectif majeur est de réduire le chômage dans la région et d’encourager les jeunes à acquérir un sentiment de participation utile à la société.

A ce jour, 95 jeunes agriculteurs ont été formés aux techniques agricoles. La première promotion a été accueillie en avril 2006 avec 35 apprenants. Les deux promotions suivantes comprenaient respectivement 32 et 28 stagiaires. Sur une superficie commune de culture de 2 hectares, les stagiaires ont acquis une précieuse expérience agricole sans devoir investir pour avoir leur propre terre et leurs propres matériaux et équipements.

Par ailleurs, la ferme s’adonne à des cultures vivrières (maïs, riz, manioc etc.) et élève en permanence des lapins, des bovins, des volailles dans le cadre des travaux pratiques. Les recettes tirées de ces activités permettent de faire face à certaines charges récurrentes.

Une démarche participative

La mise en place de ce projet a été portée par des acteurs locaux, des structures de base de la localité notamment des groupements de femmes, de jeunes déscolarisés, des caisses villageoises d’épargnes et de crédits autogérés, des unions communales de producteurs, des parents de certains jeunes. Ces acteurs locaux, ont aidé le CBDIBA dans la vulgarisation du projet auprès des jeunes, la sélection des candidats en vérifiant la réalité des données contenues dans les dossiers de candidature notamment la disponibilité de terre pour exercer après le stage, la vie au village, la pratique effective d’activités agricoles, etc. Cela a facilité le choix et le suivi des stagiaires. En outre, le Ministère de l’Agriculture de l’Elevage et de la pêche et ses services décentralisés, les élus locaux, les jeunes Agriculteurs de Luxembourg qui ont contribué financièrement à la réalisation du projet.

Le cbdiba : un espace au service du developpement rural durable

Le CBDIBA est une ONG béninoise de développement créée le 13 Septembre 1990 et régie par la loi du 1er Juillet 1901. Il a pour ambition d’assurer une formation appropriée aux membres des organisations paysannes, aux acteurs du développement local, aux groupements de femmes et aux acteurs privés intéressés par le développement de l’agriculture.

Les domaines d’intervention du CBDIBA sont, entre autres :

  • La formation et l’éducation au développement
  • L’agriculture et l’élevage
  • La protection de l’environnement
  • Le développement communautaire intégré
  • L’aménagement du territoire
  • L’alphabétisation fonctionnelle et le français fondamental
  • L’Education au droit, l’assistance judiciaire et décentralisation.

Le CBDIBA appuie ses partenaires locaux (OCB, groupements, associations, etc.), à la réalisation de leurs objectifs et toutes autres initiatives capables de donner une impulsion au processus de développement durable. Ainsi, à travers ses multiples interventions dans le milieu rural, le renforcement des capacités des agriculteurs en matière de production, de transformation et de gestion constitue l’une des actions prioritaires du CBDIBA.

Convaincu que le secteur agricole n’échappe pas à la réalité de l’environnement économique mondial caractérisé par la globalisation qui met en compétition tous les acteurs d’une même activité quelle que soit leur localisation dans le monde, le CBDIBA s’investit pour promouvoir la compétitivité des acteurs locaux et faciliter l’émergence de produits locaux de qualité issus de l’agriculture à des prix intéressants.

Le projet a démarré avec un diagnostic participatif des difficultés avec les jeunes, à travers des réunions, des débats publics pour identifier les solutions aux difficultés rencontrées. Tous les acteurs ont participé à ces forums qui ont permis de discuter des modalités d’accès à la ferme-école, du contenu et du processus d’encadrement des jeunes agriculteurs et du suivi postformation. A l’issu de ce processus, un programme technique adapté destiné aux pensionnaires a été conçu, il porte sur :

  • les techniques d’amélioration et de conservation du sol
  • les techniques de transformation des produits agricoles
  • la manipulation et l’utilisation des outillages motorisés pour la culture
  • la conduite des spéculations animales comme végétales d’intérêt économique (aulacode, lapin, petits ruminants, volaille, apiculture ; soja ; riz, ananas, banane, manioc ; cultures maraîchères…);
  • la gestion des exploitations agricoles
  • les techniques de greffage des essences ligneuses
  • les techniques de conservation et de stockage des céréales et légumineuses à graines.

RESULTATS ENCOURAGEANTS

Depuis sa mise en place, 95 jeunes agriculteurs sont formés et installés dont 20 en production végétale et 75 en production animale. 68 des 95 formés et installés ont réussi dont 53 en production animale et 15 en production végétale. Certains jeunes agriculteurs installés obtiennent des revenus annuels entre 360 000 et à 480.000FCFA. Ces résultats suscitent un engouement réel des jeunes qui se bousculent pour bénéficier des sessions de formation de la ferme. Seulement, depuis décembre 2007, le Centre n’a plu accueilli de nouveaux pensionnaires du fait de la raréfaction des ressources. Seule l’activité de suivi post-formation est actuellement réalisée sur le terrain avec les anciens stagiaires.

La ferme école aura permis de contribuer à la dimension sociale du développement du pays en renforçant les capacités de jeunes agriculteurs et en créant des pools de compétences et de spécialisations. De même, des emplois durables et attractifs ont émergé pour les jeunes ruraux qui s’installent à leur propre compte pour se prendre en charge et faire face à leurs besoins fondamentaux ainsi qu’à ceux de leurs familles.

LOVESSE Patrice
Directeur Général du CBDIBA
Sociologue de Développement
Spécialiste du Développement Local, de la
décentralisation et de la gestion des projets.

BP : 256 Bohicon Bénin
Tél : 00229 22 51 10 96
00229 95 40 78 89 / 97 27 91 33
Email : cbdiba@intnet.bj & Lovessep2002@yahoo.fr

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