

Au cours des deux dernières années, différents programmes ont permis de mettre sur pied plus de 300 jardins potagers dans les zones touchées par la guerre. Ces programmes ciblent principalement les ménages défavorisés parmi lesquels les pauvres en ressources, les réinstallés et les femmes chefs de famille. Au Sri Lanka, le jardinage est une pratique séculaire.
Aujourd’hui, ces jardins potagers participent à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et aux moyens de subsistance de plusieurs façons différentes. Les activités d’élevage et de production agricole domestiques complètent la disponibilité des stocks alimentaires et leur accessibilité aux ménages par le biais de la fourniture d’une gamme variée de légumes frais, de fruits, racines et tubercules, ainsi que de produits animaux pour la famille.
Les jardins potagers offrent un accès facile à la nourriture tout au long de l’année, à un coût nettement moindre que ceux du marché local. Par ailleurs, certaines familles ont réussi à lancer une entreprise domestique en vendant leur surplus de production. L’adoption de techniques simples de valeur ajoutée telles que les techniques de transformation et d’emballage peuvent améliorer davantage les possibilités de commercialisation et la valeur nette des produits des jardins potagers, permettant ainsi aux familles de générer des revenus supplémentaires.
Les jardins potagers ont d’autres avantages, outre les avantages principaux ci-dessus. Ils exigent moins de ressources que l’agriculture commerciale et parce qu’ils peuvent être étendus et gérés facilement, ils induisent des taux plus élevés d’efficacité énergétique. Par ailleurs, il est possible d’augmenter de manière systématique la productivité des jardins potagers en adoptant des pratiques écologiques. Ces pratiques permettent de réduire certains des effets environnementaux et sanitaires indésirables courants dans la région Nord. Par exemple, les pratiques de gestion des déchets ménagers permettent de convertir les restes de cuisine et les déjections animales en engrais organiques et paillis pour le jardin potager.
Des pratiques de lutte antiparasitaire intégrée (IPM) simples telles que l’incorporation des plantes à fleurs, plantes médicinales, herbes et diversification des cultures contribuent à la réduction des infestations dues aux ravageurs et aux maladies et en même temps permettent de conserver la biodiversité et les ennemis naturels tout en améliorant les services écosystémiques. Etant donné la longue saison sèche et la quantité des terres marginales au Nord du Sri Lanka, l’intégration du matériau organique va ajouter aux niveaux de nutriments et enrichir l’humidité et la qualité du sol.
En dépit des contraintes auxquelles sont soumises les ressources foncières, des technologies simples comme le «jardinage vertical» ont rendu le jardinage possible tant dans les zones urbaines que rurales. A long terme, ces pratiques écologiquement rationnelles ne vont pas seulement se traduire par une production alimentaire durable, mais aussi à un certain nombre de services écosystémiques supplémentaires.
L’initiative des jardins potagers implique également un effort de renforcement des communautés locales et d’aide à la constitution de communautés pacifiques. La longue guerre civile a été très préjudiciable au bien-être des gens du Nord et les jardins potagers pourraient servir de plateforme viable pour instaurer la solidarité, la justice sociale, et l’équité en particulier pour les couches défavorisées et vulnérables de la population.
Dilrukshi Hashini Galhena, Gunasingham Mikunthan et Karim Maredia
E-mail: galhenad@msu.edu



